Tiens, vendredi 13 ! Pas le moindre troquet qui nous permette de jouer au loto, comme si nous étions les seuls à bénéficier de cette journée "porte chance".
Nous lâchons le mooring (seul mot anglais que s'autorise mon Québécois farouchement francophone (pléonasme !)), à 5 heures 30.
Sous vent apparent de 15 nœuds, au près bon plein, toujours bâbord amure, nous sautons Saint-Vincent et nous entrons directement dans l'archipel des Grenadines. Nous prenons la direction de Mayreau, plus précisément de Salt Whistle Bay, réputée pour offrir les plus beaux levers de soleil des Caraïbes. Comme lors de notre dernière visite, nous constaterons que cette petite baie, alignée Est-Ouest, offre également de splendides couchers de soleil.
Ce choix de Jean-Louis est dicté par les impératifs de notre navigation, mais sans doute surtout par son désir de me permettre de faire quelques belles photographies.
Nous mouillons notre ancre, en fin d'après-midi, face à la petite plage de sable qui sert de scène à ce cabotin d'astre solaire. Celui-ci devant sortir de l'horizon à l'endroit où la plage est la moins haute, nous aurons l'impression d'être mouillés au large, face à l'Est.
En attendant, j'engrange l'image du soleil qui se couche dans notre dos, à la pointe rocheuse de Nord d'Ouest Point. Ce sera toujours cela de pris, les levers du jour étant toujours très nuageux au-dessus de l'horizon, mon beau lever de soleil n'est pas vraiment assuré.
Naturellement, il va sans dire, que tous les soirs, au mouillage, nous mettons notre échelle de bain à l'eau et profitons largement de la température idéale de l'eau de mer. Ce petit bain nous met en appétit pour apprécier les bons repas de mon chef cuisinier personnel.
Le lendemain matin, lever à 5 heures, comme d'habitude, mais nous sommes obligés d'attendre le lever du soleil, qui doit se faire à 6 heures. La prochaine étape, qui doit nous mener jusqu'à Grenade, étant assez courte, peut nous permettre d'absorber ce retard.
Mes pires prévisions se réalisent, une barre nuageuse assez haute couvre tout l'horizon. Si elle était moins homogène, elle pourrait ménager quelques beaux effets de lumières dans les percées entre les nuages, lorsque le soleil est encore rouge, mais je prévois qu'il sera déjà trop lumineux lorsqu'il sortira au-dessus de cette barre nuageuse. Même en jouant un peu sur l'ouverture du diaphragme, rien de très spectaculaire n'est à espérer.
C'est, effectivement, ce qui se produit.