La libre littérature française des Amériques


UNION


Arrivée à Union Nous repassons prudemment derrière Mayreau, pour éviter la passe délicate (route au 222°) qui nous conduirait directement à Union, le prochain but de notre voyage. Nous perdons quelques milles, mais nous gagnons en sécurité. Et puis nous sommes en vacances, dans un pays idyllique, qui penserait à prendre des raccourcis dangereux ?
Union va marquer notre retour à la civilisation, que nous avons perdue depuis Bequia.


Clifton, capitale d'Union L'après-midi, du même jour, nous foulons le sol de Clifton Village, la capitale de l'île d'Union.
Notre première visite est pour la célèbre épicerie Captain Gourmet, qui est tenue par un couple de Français et qui ne vend que des produits " made in France ".
J'ai la joie de pouvoir trouver du chocolat, qui, à cause de la chaleur, est une denrée rare aux Antilles (paradoxe). La sympathique patronne, nous explique la dynamique de ses prix, pour démontrer l'honnêteté de ses marges bénéficiaires.
Elle nous dit : " Tous les touristes français, qui entrent chez nous, sont horrifiés par le prix des boîtes de camembert, qu'ils comparent aux prix de leur grande surface commerciale habituelle, en Métropole. Ce qu'ils oublient, c'est que ce produit est venu de France en Martinique, en avion. Nous le commandons à un transitaire local, qui rajoute 20 % de marge et nous l'expédie par avion taxi. À l'arrivée à Union, il subit encore 50 % de taxe à l'importation. Notre marge bénéficiaire réelle est symbolique. "
Pour marquer notre approbation, Jean-Louis et moi lui achetons une boîte de ce précieux et célèbre camembert.
La gentillesse et la disponibilité, de ce couple, attirent tous les Français de passage, mais également beaucoup d'Anglophones.
Confiant nos achats périssables à l'avenante commerçante, qui s'empresse de les remettre dans ces vitrines réfrigérées, nous remontons la rue principale de Clifton, jusqu'aux abords de l'hôpital, d'où la vue est magnifique, aussi bien du côté de la baie où nous mouillons, que du côté de la baie de Asthon.

Un restaurant sur le récif de corail La barrière de corail, qui protège notre mouillage, offre la palette habituelle des bleus que l'on ne se lasse jamais de regarder. Au milieu du récif, Green Island, un îlet minuscule est exploité par un plagiste. Un peu plus vers le large, sur le récif même, un excellent restaurant surgit de l'eau. Plus au large, Palm Island abrite un hôtel de grand luxe. Encore plus loin, mais très visibles, les Tabago Cays offrent leur spectacle enchanteur. Union est sans doute l'une des plus belles escales des Grenadines.


Note historique sur Union :

L'île d'Union, aux XVIIIe et XIXe siècles, fut mise en valeur par des colons anglais, puis écossais. Cette île de 7Km², au relief élevé et accidenté, était verdoyante et très cultivée. Elle a compté jusqu'à 5. 000 habitants à la fin de XIXe siècle. Puis tout fut abandonné.
Il ne resta que quelques habitants, la plupart pêcheurs ou petits cultivateurs qui se répartissaient dans les deux villages d'Ashton, au Sud-Est, et de Clifton, à l'Est.
Excepté une augmentation de la population qui compte maintenant 2. 000 habitants, rien n'évolua dans l'île pendant de nombreuses années.
Ceci jusqu'à la fin des années 60 et l'arrivée à Clifton d'un Béké français de Martinique. André Beaufrand acquit un terrain marécageux à l'Est du village de Clifton. Il l'assécha, y construisit un petit aérodrome, puis un hôtel résidence. L'Anchorage Yacht Club était né.
Un aérodrome pour l'accès par les airs, un bon mouillage pour les bateaux charters, un hôtel-restaurant pour accueillir les clients, tous les ingrédients étaient réunis pour faire de l'Anchorage, la plaque tournante du tourisme au cœur des Grenadines, à quelques encablures des Tobago Cays.
Quand André Beaufrand pris sa retraite, le domaine fut racheté par un authentique prince autrichien Franz Ulrich Kinsky. Ce noble descendant de l'empire Austro-Hongrois eut l'heureuse initiative de choisir Charlotte Honnart pour reprendre le "management" du complexe. Sous sa direction, l'Anchorage a été rénové.
Ceci, tout en conservant le charme de son exceptionnelle situation, avec ses bungalows en bordure de plage, sa belle terrasse à ras du bassin aquarium, où se prélassent tortues et requins, et ses pontons où viennent s'amarrer les voiliers croisant dans les Grenadines.
Ce dynamisme a fait des émules. Juste à côté, Jean Marc Sailly a créé Bougainvilla, autre centre touristico-nautique joliment aménagé avec ponton d'accueil, restaurant, mini-centre commercial et services techniques.
Face à cet essor et à l'augmentation du trafic des touristes et plaisanciers en transit, il a fallu agrandir, sur la mer, le mini aéroport coincé entre mer et montagne.
Dès le matin, l'activité est intense dans le mouillage de Clifton, avec l'embarquement des équipiers ou des groupes de touristes sur les day-charters. Pour voguer vers les eaux cristallines des Tobago, ses plages et ses coraux, on a l'embarras du choix. Entre autres, les maxi catamarans du "Captain Yannis" qui a délaissé depuis longtemps les Cyclades de sa Grèce natale.
Ou encore, "Scaramouche", grande goélette pays reconstruite à l'identique par Martin Janet, Ecossais de naissance mais Unionien d'adoption.

La côte après Clifton Palm Island face à Union
Cimetière marin Les requins de Union


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