La libre littérature française des Amériques


SAINTE-LUCIE


Vendredi 16 avril 2004.

Au moment où nous quittons le mouillage de Saint-Pierre, deux grands voiliers passent au large : le Club Méditerranée et un autre cinq mats, mais plus ancien. Tous deux vont dans la même direction que nous.
Nous faisons route aux moteurs, cap 176°, vers Sainte-Lucie. Notre vitesse est d'un peu plus de 6 N, sur le fond.

Vers 7 heures, nous voyons le Pacific Princess, le bateau de l'émission " La croisière s'amuse ", entrer dans la rade de Fort-de-France.

Un quart d'heure plus tard, lorsque la protection de la Martinique se fait moins sentir, nous pouvons arrêter les moteurs et continuer notre route à plus de 7 N.

À 10 heures 30, après une petite sieste, je mets à l'eau deux lignes de pêche à la traîne. À tribord, la fameuse " sorcière " achetée à prix d'or, en Guadeloupe, par Jean-Louis, auquel on avait promis monts et merveilles et qui n'a toujours pris avec ; à bâbord, une modeste mitraillette, constituée de petits calamars en plastique.

Le vent se maintient au près bon plein et le bateau continue à avancer entre 6,5 et 7 N.

Port Castrie Après une traversée sans problème et sans poisson, nous arrivons devant Port Castrie, la capitale de Sainte-Lucie. Nous nous approchons du bord pour profiter du paysage. Notre objectif est de remonter toute la côte Nord, pour mouiller devant Soufrière, l'ancienne capitale de l'île, à proximité des deux célèbres pitons. Ces deux pitons rocheux jumeaux, au profil caractéristique de pain de sucre, sont devenus les symboles de l'île, qui les a inclus sur son drapeau national.







Note histoirique sur Sainte-Lucie :

Découverte, comme la Martinique, en 1502, lors du 4ème voyage de Christophe Colomb. Jusqu'au milieu du XVlle siècle, les Caraïbes restèrent maîtres de leur île, repoussant toute tentative de colonisation.
Après avoir massacré une colonie anglaise, en 1639, ils acceptèrent enfin un traité avec les Français, en 1660. À partir de cette époque, les combats entre Français et Anglais furent incessants et St. Lucia changea plus de quatorze fois de mains. Son histoire fut souvent liée à celle de la Martinique.
St. Lucia redevint une dernière fois française à la suite du Traité d'Amiens en 1802, mais après les guerres napoléoniennes, elle devint définitivement britannique en 1814.
Comme en Dominique, l'île a conservé l'empreinte de la présence française par de nombreux noms de lieux et surtout par son patois proche du créole.
Après une longue période coloniale, marquée par le déclin des cultures suite à l'abolition de l'esclavage, St. Lucia devint "état associé du Commonwealth" en 1967 et indépendante le 22 Février 1979.
La couronne britannique reste représentée par un gouverneur. Comparativement à l'île de la Martinique, la population, essentiellement d'origine africaine, reste relativement pauvre. Ceci malgré le développement économique de ces dernières années.
La ressource principale de l'île reste encore l'agriculture malgré ses efforts timides d'industrialisation et le port pétrolier du Grand Cul de Sac. La culture de la canne à sucre a été remplacée pour une grande partie par la banane, le cacao, la noix de coco et les agrumes.
Grâce à une mise en valeur des beautés naturelles de l'île, à une infrastructure hôtelière en constant développement et un aéroport international, le tourisme est depuis quelques années en plein essor.
Le pouvoir d'achat des habitants reste néanmoins inférieur à celui de l'île voisine, la Martinique.


Marigot Harbour
Au passage, Jean-Louis me fait visiter le magnifique et profond mouillage de Marigot Harbour, sur lequel ne manque qu'un peu de soleil, qui semble vouloir ne plus être de la partie.

Le long de la côte de Sainte-Lucie, nous croisons un grand nombre de bateaux portant pavillon français, qui, manifestement, sont des bateaux de location, qui regagnent leur base du Marin, en Martinique, où s'achèvera bientôt leur semaine de location.

Nous longeons, ensuite, une côte découpée et sauvage. Quelques équipements touristiques se sont implantés sur cette partie de l'île, mais sont encore bien modestes. Par contre, les modestes maisonnettes des villages sont achevées et peintes de couleurs vives, qui les rendent coquettes. Aucune épave de voiture n'est visible, encore une leçon pour la Guadeloupe.
Par contre, les plages sont rares et maigres, souvent faites de galets.

Les deux pitons Nous mouillons sur corps morts, à proximité des deux pitons, dans Soufrière Bay, qui, avec l'Anse des Pitons suivante, est un parc naturel protégé.
Après Pascal, qui nous conduit à notre corps mort et qui nous lancé assez maladroitement l'orin, nous sommes sollicités par une multitude de d'autres Taxis des Mers, qui ont tous quelque chose à nous proposer, même les délices de Capoue. Nous recevons même la visite d'un nageur, qui pousse devant lui deux belles noix de coco bien préparées, que nous lui achetons pour 3 dollars. Sa vente faite, il repart à la nage. Reviendra-t-il plus tard ?

Après notre traditionnel bain du soir, nous dînons d'un succulent repas préparé par le maître queue du bord, votre serviteur étant préposé à la vaisselle.
Nous nous couchons assez tôt.

Au cours de la nuit, une forte pluie s'abat sur nous, nous obligeant à fermer tous les panneaux, ce qui nous prive d'air frais.
Quel dommage de dormir seuls dans d'aussi grandes couchettes ! Ce n'est vraiment pas une croisière voluptueuse.

Adieu à Sainte-Lucie

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