La libre littérature française des Amériques


CARRIACOU


Mardi 20 avril 2004.

Après une nuit assez ventée et pas mal arrosée, nous faisons une dernière virée à terre, pour dire au revoir à toutes nos relations entrevues la veille. Nous en profitons pour nous renseigner, à l'agence de voyage du village, sur nos avions de retour respectifs. Jean-Louis doit rejoindre Montréal, moi la Guadeloupe. Naturellement, nous constatons, une fois de plus que les voyages à longues distances sont relativement moins chers que les courts trajets. Munis des renseignements, nous décidons de prendre nos billets en arrivant à Grenade.

Nous levons l'ancre vers 11 heures, pour rejoindre Carriacou, la dernière des îles des Grenadines, que nous désirons visiter. La première, de celles que nous avons visitées, qui dépend de Grenade et non plus de Saint-Vincent.

Sandy Island Au passage, Jean-Louis tient à me faire apprécier le mouillage offert par l'îlet Sandy Island, une plage de sable amarrée au large de la baie Saint-Louis.

Pour la première fois que nous sommes entrés dans les Grenadines, le vent nous donne quelques émotions, mais, sur des distances aussi courtes, cela ne prête pas à conséquence sur le moral de l'équipage.

Nous mouillons bientôt l'ancre dans Tyrell Bay, un mouillage calme et très bien protégé.

Difficile lever de soleil sur Carriacou Toujours un releif volcanique


Note historique sur Carriacou :

Son nom viendrait de l'appellation amérindienne "Karyouacou" et ses premiers colons auraient été des Français, pêcheurs de tortues. Au XVllle siècle, leurs successeurs, toujours en majorité des Français, cultivèrent les pentes vallonnées de l'île et, pour se faire, importèrent de la main d'œuvre africaine.
De ce passé, subsistent certains noms d'origine française accrochés à quelques pointes et criques du littoral, des vestiges de maisons de maître et les tours des moulins des anciennes plantations de canne à sucre et de coton.
Quant à la population, comptant aujourd'hui 8.000 habitants environ, elle descend essentiellement des anciens esclaves africains à peine métissés par la première souche européenne.
Carriacou (plus de 30Km2) est la plus grande (et la plus peuplée) des îles Grenadines.
Un massif, dont les sommets atteignent presque 300m, occupe le centre de l'île, du Nord au Sud.
La plupart des anciennes plantations ont été reconverties en petites cultures et en pâturages. À ces ressources économiques terrestres s'ajoutent la pêche et le commerce maritime.
Cette dernière activité reste liée à la réputation traditionnelle de contrebandiers dont bénéficient les habitants de l'île, notamment pour le commerce d'alcools.
Même si cette réputation est un peu exagérée, il est notoire qu'à Carriacou, il est plus facile de trouver un négoce de spiritueux en tout genre qu'un poste à carburant...
Isolée à près de 20 milles au Nord de Grenade dont elle dépend, Carriacou a conservé une certaine autonomie et des traditions culturelles et surtout spirituelles bien spécifiques.
Certains rites passent même pour s'apparenter au Vaudou haïtien.


Cette île, après les merveilles que nous venons de voir, ne nous laissera pas un souvenir impérissable.

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