Saint-Vincent dépassée, nous retrouvons le vent, qui force encore à 23 à 24 N (toujours rien de bien sérieux).
Nous sommes à mi-chemin de Saint-Vincent et de la première des Grenadines : Bequia (prononcez Béquouais).
LES GRENADINES
Note historique sur les Grenadines :
L'histoire de cet archipel est intimement liée aux luttes franco-anglaises pour la conquête des îles de Grenade et de St Vincent, qui en 1783 devinrent définitivement anglaises.
Ces îles avaient surtout un intérêt stratégique, car leur faible superficie et la sécheresse rendaient la culture laborieuse.
Toutefois, elles attirèrent quelques familles de colons français et britanniques qui fertilisèrent les plus importantes en utilisant de la main d'œuvre d'origine africaine. Après l'abolition de l'esclavage, elles devaient retourner à la nature et la population se voua à la pêche et à quelques cultures. Hormis un certain métissage, peu de traces subsistent de cette ancienne présence européenne.
L'État de St Vincent encourage depuis longtemps les initiatives privées (et étrangères) pour l'aménagement des îles sous son autorité. Il en résulte un essor touristique et nautique assez spectaculaire, malgré les difficultés de mise en œuvre dans ces îIes éloignées de tout... L'île de Bequia, la plus proche de StVincent, et Union en bordure des somptueuses Tobago Cays sont, grâce à leur situation et à leur petit aéroport, les deux plaques tournantes de cette partie de l'archipel.
Par contre, Carriacou et Petite Martinique dépendantes de Grenade sont restées quelque peu en retrait de cet intense essor touristique ce qui leur confère certainement moins de facilités mais un caractère peut-être plus authentique.
Nous arrivons à Bequia en début d'après-midi. Notre mouillage sera devant Port Elisabeth, au fond d'Admiralty Bay. Une belle baie bien protégée.
Nous descendons à terre pour visiter et faire quelques emplettes. Le second maillot, que j'avais mis dans ma valise ne m'allant pas, je dois en acheter un nouveau. Ici, tout semble être à 15 dollars U.S. (environ 40 dollars E.C. locaux).
La population, exclusivement colorée, a l'air débonnaire et plutôt dodue. Voyant tout le monde sucer des glaces, je finis par me laisser tenter : pas mal du tout.
Je repère plusieurs cybercafés, mais comme nous sommes samedi, impossible d'en trouver un ouvert. Nous verrons sur une autre île, en début de semaine prochaine.
Seul défaut de ce mouillage très sympathique, l'absence de soleil, que nous avons perdu à Sainte-Lucie.
Note Historique sur Bequia :
D'une superficie de 18 km2, c'est la plus grande des dépendances de St. Vincent.
Son relief central, d'origine volcanique, parcourt l'île d'un bout à l'autre.
Sa population, d'environ 6 000 habitants, est issue d'un métissage assez complexe entre une majorité de souche africaine et quelques anciens colons d'origine européenne, principalement écossais et français.
S'y ajoutèrent au XIXe siècle des pêcheurs de New Bedford (USA) venus chasser la baleine. Ils s'établirent dans l'île de Bequia et enseignèrent leur pratique aux pêcheurs locaux.
Cette chasse est toujours pratiquée au détriment des rares cétacés qui croisent encore près des côtes et les prises sont également contingentées par de stricts règlements internationaux.
Chaque "event", rarissime, repéré par un guetteur, met en émoi la petite communauté des pêcheurs.
À bord de leurs frêles esquifs, ils tenteront ensuite de harponner l'animal et de le tirer à terre sur l'îlot de Petit Nevis pour mieux le dépecer et le vendre dans l'allégresse générale.
Depuis plusieurs années, la population s'est également enrichie de nombreux ressortissants américains ou européens, souvent d'anciens navigateurs ayant choisi cette île charmante pour y poser leur sac à terre. Grâce à la fréquentation touristique, des commerces se sont créés et des hôtels et restaurants aménagés dans l'ensemble de l'île, mais surtout à Port Elizabeth, principale agglomération nichée au fond d'Admiraity Bay. Le long du rivage ou dans les ruelles de cette bourgade, le nombre de restaurants est pléthorique variant du plus modeste "1010" au complexe luxueux.
Des hauteurs des fortifications du Fort Hamilton, on peut embrasser toute la vaste baie animée par l'arrivée des ferries et des vieux bateaux de charges débarquant leur cargaison hétéroclite ou des nombreux bateaux de plaisance évoluant vers leur mouillage.
Cette animation devient même fébrile quand un paquebot de croisière transborde son contingent de passagers qui envahissent Port Elizabeth, heureusement pour une courte visite.