La libre littérature française des Amériques



Troisième étape :
Saint-Barthélemy


SAINT-BARTH, L'EXCEPTION ANTILLAISE.

Jeudi 11 avril, 6 heures - Réveil dans l'avant-port de Gustavia, face au village de Corossol et, malheureusement, non loin de la centrale électrique qui ne cesse jamais de faire du bruit.
Nous allons consacrer notre journée à la visite de l'île des millionnaires (en Euros). Dès notre premier contact avec Gustavia, nous avons compris que Saint-Barthélemy n'est pas une île des Caraïbes comme les autres. Une visite détaillée, avec une voiture de location, nous confirmera qu'il ne s'agit pas d'une île des Caraïbes du tout, mais plutôt d'un morceau de l'un des caps prestigieux de la Côte d'Azur, qui s'est détaché de son continent et qui est parti à la dérive.
Ici, tout est beau, tout est propre, tout (ou presque) est riche. Une population presque intégralement blanche, avec un niveau de vie plus proche de celui des nantis de la Côte d'Azur que de celui des Antilles. Les petits boulots sont tenus par une faune qui est la même que celle qui officie à Saint-Tropez.
Comment en est-on arrivé là ?

Une petite île (l'une des plus petites îles habitées de la chaîne des Petites Antilles, 25 km²), sans ressources naturelles, sans eau, donc pas cultivable (d'où l'absence de main d'œuvre de couleur). Les Caraïbes ne s'y étaient pas installés, les Espagnols l'avaient laissée déserte, les Français, pour, plupart descendants de Normands, s'y sont attachés.
En 1784, Louis XVI la vend aux Suédois, en échange d'un vague droit commercial à Göteborg. Les colons français, sans s'émouvoir, continuent à y vivre entre eux. Les Suédois en font un port franc, très prospère, mais dont les Français ne profitèrent pas. Un siècle plus tard, retour à la nationalité française, les Suédois veulent se débarrasser d'un rocher stérile, habité par une population pauvre et très mal intégrée.
Les habitants reprennent alors l'idée du port franc avec une belle flotte de goélettes et quelques bonnes graines de marins, jusqu'en 1950, où un cyclone détruisit une bonne partie des bateaux. Un autre cyclone, dix ans plus tard, acheva le reste de la flotte.
Il ne restait plus qu'à exploiter la beauté de l'île, ce à quoi les Saint-Barths s'attachèrent, sous la direction d'un aventurier devenu maire, Rémy de Haenen, d'origine néerlandaise.
De quelques centaines d'âmes en 1960 (avec une vingtaine de patronymes seulement), la population passa à 7.500 habitants, aujourd'hui. Pour éviter la prolifération du béton, les autorités municipales ont édicté une règle d'or : une maison bien intégrée dans un large espace. Ce qui rendit l'île si agréable, mais les prix des propriétés si élevés.
A Saint-Barth on est bilingue et le tourisme made in U.S.A est très apprécié. Le développement touristique y est harmonieux, la vie nocturne quasi monacale. Ici pas de casino, comme à Saint-Martin, très peu de night-clubs. En contre-partie, les délits et les agressions y sont rarissimes !
Gustavia est une vitrine de la mode et des produits de luxe français. Les prix y sont sans taxes, mais pas sans profits pour les commerçants (Jean-Louis dixit). On peut discuter ces prix (une pratique américaine). Sachez déjà que vous ne trouverez pas moins cher à Saint-Martin.

Des routes, bétonnées et bien entretenue, vont nous permettre de visiter le moindre recoin de l'île en une bonne demi-journée. Cette visite est un enchantement pour les yeux !
Nous joignons quelques photographies qui ne rendent pas justice à ce petit paradis, mais laissons aux guides touristiques le soin de détailler ces merveilles.

Nous nous contenterons de constater que, pour bénéficier d'un développement touristique important, il vaut mieux adorer le Dieu Dollar que Fidel Castro. Saint-Martin nous le confirmera, mais en nous montrant, dans sa partie hollandaise, jusqu'où il faut pas aller trop loin.


Vendredi 12 avril, 6 heures 30 - Départ en direction de Saint-Martin sans vent et sous la pluie. Devant la rade de Gustavia, beaucoup de rochers dans l'eau : l'inévitable Pain de Sucre, les inévitables Saintes, les Gros Îlets, les Baleines.
Cap au 215, pour passer entre l'île Fourchue et les Groupers (les mérous). Notre destination est Philipsbourg, où j'ai un équipement électronique à acheter.

Saint-Barthélemy nous laissera un souvenir impérissable et le désir d'y revenir dès que possible.



A présent, les images :

Gustavia et son port.


Un mouillage sauvage. Au fond, l'île fourchue et Saint-Martin.


Une côte sauvage.


Des maisons bien intégrées.


Des formes naturelles.


Une plage de sable blanc.



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