Un petit tour en Dominique
28 décembre 2003
Debout aux premières lueurs de l'aube (5 heures 45), nous levons l'ancre et nous mettons le cap sur la Dominique. Nous partons très tôt car la distance à couvrir est de soixante-cinq milles nautiques. Il nous faudra donc une bonne dizaine d'heures pour atteindre notre prochain mouillage et, comme à 18 heures 30 il fera nuit, nous sommes obligés de partir à la première heure si nous voulons mouiller avant le crépuscule. Vers 6 heures 45, nous prenons un copieux petit-déjeuner et à 7 heures, (il est midi en métropole), nous téléphonons à Mathilde.
En début de parcours, il n'y a pas de vent, nous avançons au moteur. Vers 9 heures, le ciel se couvre et, sous les nuages, le vent arrive. Nous envoyons le génois et la grand' voile. Sept nœuds au loch ; ça va bien. Mais nous voyons des grains tout autour et, rapidement, nous en avons un pour nous. Sous les rafales, le vent monte à plus de trente-cinq nœuds, aussi nous rentrons les voiles et continuons au moteur. À cause des grains, la mer se forme et une forte houle nous ballote dans tous les sens. Bah ! Ce n'est pas important, maintenant nous sommes amarinés. En effet, aujourd'hui, cela fait exactement deux mois que nous avons embarqué à bord de Perceval.
Vers 17 heures 30, alors que nous sommes encore à deux nautiques de la baie du Prince Rupert (notre destination à la Dominique), une barque à moteur s'approche de nous. Deux autochtones sont à bord et nous souhaitent la bienvenue en Dominique. Celui qui nous parle s'exprime en parfait français et nous dit qu'il s'appelle Laurent. Il nous précise que, si nous avons besoin de quoi que ce soit, il suffit de demander Laurent et il s'occupe de tout. En fait, on peu dire qu'il est un peu le chef d'une forme de petite mafia, déguisée en comité d'accueil, mais qui est malgré tout bien utile. À 18 heures 45, dès que notre mouillage est terminé, Laurent et sa barque nous rejoignent pour nous proposer de nous organiser une excursion pour le lendemain. Il nous explique que son frère possède un minibus, et les équipages des trois Amel, (Alcor, Fleur de Passion et Perceval) totalisant dix personnes, tiendraient à l'aise dans ce véhicule. Malheureusement, nous ne parvenons pas à nous mettre d'accord sur le prix de l'excursion. Après avoir commencé à 25 US$ par personne, Laurent accepte de descendre à 20, alors que nous ne voulons pas payer plus de 15 US$ par passager. (Ce qui est déjà bien). Il nous quitte en nous déclarant qu'il reviendra le lendemain vers 8 heures pour connaître notre décision finale.
Entre temps, Tony, un autre Dominiquin probablement disciple de Laurent, s'est approché de Perceval en planche à voile (sans voile). Lui, nous propose de nous ravitailler pour le lendemain matin en fruits et en pain. Nous acceptons pour deux raisons : la première est que cela nous évitera de mettre l'annexe à l'eau, la seconde étant que, si nous refusons, nous risquons d'avoir des ennuis du genre objets qui disparaissent durant la nuit. (Tout objet restant à l'extérieur, sur le pont, y compris l'annexe et son moteur). En acceptant l'aide des autochtones, nous souscrivons une sorte d'assurance vol...
Après un dîner très agréable (j'ai, entre autres, fini les flageolets), nous allons nous coucher. Bien que la baie de Prince Rupert soit convenablement abritée, nous ressentons les effets de la houle qui reste forte au large. Cela nous berce et le sommeil m'envahit...
29 décembre 2003
À 7 heures 30, Tony, toujours sur sa planche à voile sans voile, frappe à la coque de Perceval. Il nous livre le pain et les fruits commandés la veille. Avant qu'il reparte, je lui propose mes Thalassa usagées. Il les accepte avec grand plaisir, car pour lui, c'est un beau cadeau. Tout le monde se lève et nous petit-déjeunons.
À 8 heures, c'est Laurent qui arrive pour savoir si nous sommes décidés à visiter l'île. Comme nous ne voulons pas payer 20 US$, nous lui confirmons notre refus. Cependant, après que nous lui ayons signifié le rejet de la visite de l'île, Laurent se dirige auprès de Fleur de Passion et dit à Christian qu'il accepterait de nous faire faire la visite pour 16 US$... C'est trop tard, nous avons décidé de partir et nous partons sans regret car, comme le temps est toujours maussade, la visite ne se déroulerait pas dans de bonnes conditions de visibilité.
D'île en îles aux Antilles.
Nous appareillons et nous partons pour les Saintes. Il s'agit d'un mini archipel de petits îlots situés à environ cinq miles de la pointe sud de la Guadeloupe. Nous nous rendons à l'Anse Fideling, une baie bien protégée de l'îlot de Terre de Bas. Dès que nous quittons la baie de Prince Rupert, nous prenons une forte houle et le vent dans le nez. En conséquence, la navigation se fait au moteur. Heureusement, notre prochain mouillage n'est pas très éloigné, seulement une vingtaine de milles. Une fois encore, Perceval chevauche la houle, mais quelles éclaboussures ! Heureusement que nous avons un cockpit bien abrité. Merci monsieur Amel... Vos bateaux sont bien pensés et permettent de faire de la plaisance hauturière dans des conditions très confortables.
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