La libre littérature française des Amériques



En traversant l'Atlantique


Premier contact avec
les Antilles françaises :
Martinique




22 décembre 2003

En début de nuit, tout le monde est couché, sauf Guy qui est de quart. Vers 22 heures, j'entends le pilote automatique qui se met à hurler. Le bateau gîte fortement et la vitesse augmente excessivement. En moins de vingt secondes, Élisabeth et moi bondissons hors de nos couchettes et nous allons prêter main forte à Guy. Nous sommes en train d'essuyer un grain très violent. À cause de la nuit, Guy n'a pas pu le voir venir. Il faut réduire la voilure. Même Michelle qui a sentit le comportement anormal de Perceval est debout. Tout rentre rapidement dans l'ordre et nous retournons dans nos couchettes pour essayer de dormir un peu. Mais après que le grain soit passé, la houle se forme, de plus en plus forte. Il y a des creux de trois mètres et le vent souffle fort. Le bateau avance bien, environ sept nœuds de moyenne ; mais la houle le fait rouler et nous n'arrivons pas à dormir. Je prends mon quart de 0 heure 20 à 3 heures 40 et, ensuite, Élisabeth me relève. À l'aube, nous commençons à distinguer les hauteurs de la Martinique.

À 10heures, nous prenons notre mouillage dans la baie du Marin. Nous sommes désormais en France... Le téléphone fonctionne et nous pouvons enfin donner de nos nouvelles et recevoir les différents messages que certains ont bien voulu nous adresser. (En particulier, pour l'anniversaire de Michelle) Dans le courant de l'après-midi, nous faisons une bonne sieste, laquelle nous permet de récupérer une bonne partie de notre sommeil en retard. À 19 heures, pour finir de nous réveiller, Françoise et Christian nous invitent à l'apéritif à bord de Fleur de passion. Nous n'avons vraiment pas le temps de nous ennuyer...


23 décembre 2003

Quelle nuit ! Un vrai sommeil de bébé de 21 heures 15 à 8 heures. C'est la chaleur qui nous réveille, mais nous nous consolons en entendant les nouvelles de Métropole : Alerte à la neige depuis les départements du Nord jusqu'à ceux de la région parisienne. Les contacts, que nous avons eus avec nos amis, nous ont appris qu'il neigeait un peu dans la région lyonnaise et que les hauteurs étaient blanches. Ce sera joli pour Noël. Quant à nous, nous serons obligés de nous contenter du soleil des Antilles...


L'arc antillais


Les Antilles.



Après avoir pris contact avec la capitainerie, non seulement Fleur de Passion et Perceval obtiennent chacun une place à la marina du Marin, mais, de plus, ils sont positionnés côte à côte ! Alors que nous sommes en train de nous amarrer au ponton, nous voyons Alcor qui arrive également dans la marina. Il a obtenu une place au ponton voisin du nôtre. Les équipages des trois bateaux vont se retrouver pour passer les fêtes.
Cette marina est immense. Il y a environ sept cents places à quai ! Plus approximativement trois cents places au mouillage. Je n'ai jamais vu une telle concentration de bateaux.
Nous avons pris une place à la marina car nous avons besoin de dessaler le bateau et le matériel. Il est donc indispensable d'avoir un branchement d'eau douce. L'ensemble a beaucoup souffert pendant la traversée, et le dessalage est nécessaire avant de ranger les voiles et les écoutes. Après le rinçage à l'eau douce, il faut laisser sécher, plier, placer dans les coffres. Nous n'avons toujours pas le temps de nous ennuyer... Et nous ne nous ennuierons pas ce soir non plus car nous sommes invités à dîner à bord de Fleur de Passion.

Dans le courant de la journée, je prends contact, par téléphone, avec une agence de voyage afin de connaître les possibilités de vol pour notre retour en métropole. Cela se passe très bien et je réserve un vol Pointe-à-Pitre Lyon, avec escale à Nantes, mais sans changer d'avion, pour le 11 janvier. Décollage à 17 heures 20, arrivée à Saint Exupéry le 12 à 8 heures 20. Impeccable. Je donne le numéro de ma Mastercard et le tour est joué. Je n'ai même pas eu à me déplacer. Je récupérerai les billets vendredi 26 à Fort de France. Nous quitterons le bord le 9 ou le 10 janvier, nous passerons deux ou trois nuit à l'hôtel en Guadeloupe pour attendre notre avion. Elle est pas belle la vie ?
Oui, elle est belle ; mais en fin de journée, alors que je voulais filmer Guy, qui s'apprêtait à se hisser au sommet du grand mât afin de remplacer la drisse rompue, je m'aperçois que ma caméra ne fonctionne plus ! Le film de notre épopée transatlantique s'arrêtera donc à la date du 22 décembre. C'est très regrettable car je ne pourrai rien vous montrer de la période des fêtes, ainsi que de notre passage en Martinique, à la Dominique, aux Saintes et en Guadeloupe. La haute technologie est parfois capricieuse.
Dîner très agréable à bord de Fleur de Passion et un tantinet gastronomique avec au menu, entre autres, filet de bœuf.


24 décembre 2003

Ce soir, le réveillon se déroulera à bord de Perceval. Il y aura dix convives : Françoise et Christian, de Fleur de Passion et Nicole, Pierre, Sabrina, Fabio d'Alcor. Chacun apportera sa participation à l'élaboration du repas. Guy, Michelle et moi allons faire quelques courses en ville pendant qu'Élisabeth s'emploie à la laverie pour le blanchiment du linge de bord.
Au retour des courses, nous rencontrons l'équipage d'Alcor. Fabio a les cheveux fraîchement coupés. Comme les miens commencent à me tenir chaud sous ce climat ardent et humide, je lui demande l'adresse du coiffeur. En fait, Fabio et Sabrina ont une tondeuse à bord, et ils se coupent mutuellement les cheveux quand le besoin s'en fait sentir.
Fabio viendra donc me tondre en début d'après-midi. Cela fait partie de la vie du marin...


Coiffeur


Fabio viendra donc me tondre en début d'après-midi.



La soirée arrive rapidement et nous essayons de trouver dix places autour de la table du carré. Guy dévoile son arme secrète sous la forme d'une allonge qui s'adapte à ladite table et qui permet de loger trois convives supplémentaires. Vers 20 heures, Françoise et Christian enjambent les bastingages des deux Maramus, les deux bateaux se trouvant côte à côte. Françoise et Christian ont les bras chargés : ils apportent ce qu'ils ont prévu pour le repas, ainsi que les cadeaux qui seront remis lors de l'apéritif.
Vingt minutes plus tard, l'équipage d'Alcor se présente à son tour. Chacun des quatre membres est particulièrement chargé. La nourriture, la boisson et les présents ne manqueront pas...
Début des agapes vers 21 heures. Apéritif champagne pour tous, sauf pour Sabrina qui ne boit jamais d'alcool. Petits toasts délicieux (Alcor) et distribution des présents. Je vous donne juste les miens : un litre de rhum blanc offert par Élisabeth et Guy, un livre de recette de cocktails, offert par Françoise et Christian, une bouteille de rhum blanc, une bouteille de sucre de canne et un citron vert offerts par l'équipage de Alcor. (Ces trois derniers cadeaux étant en fait un nécessaire à la confection du Ti'punch). Vous voyez que les gens de la mer font rapidement connaissance avec les personnes qu'ils rencontrent et, par conséquent, connaissent leurs goûts... En tous cas, pour ce qui me concerne, ils ne se sont pas trompés !


Réveillon


Début des agapes vers 21 heures.



Deux bouteilles de champagne (Perceval) plus tard, nous débutons le repas par le foie gras au cognac de Perceval, suivit du foie gras de Fleur de passion. Une autre bouteille de champagne (Alcor) et une de Sauternes (Perceval) nous permettent de faire glisser ce brillant début de réveillon.
Après une courte pose, nous poursuivons avec un plat énorme de " pastas al forno " que Sabrina a confectionné. Heureusement, nous avons deux bouteilles de bordeaux (Alcor et Fleur de Passion) pour nous humidifier l'œsophage.
Vers 23 heures 30, nous attaquons le fromage : Roquefort (Perceval) et camembert (Alcor). Une troisième bouteille de Bordeaux (Fleur de Passion) accompagne agréablement les fromages. Un peu plus tard, nous entreprenons la pâtisserie (un superbe gâteau au chocolat préparé par Élisabeth.) Chacun accompagne, selon son propre goût, soit au Sauternes, soit au Bordeaux.
À ce point du repas, il resterait à consommer un " Pannetone ", spécialité de pâtisserie italienne apportée par l'équipage italien d'Alcor, ainsi qu'un Ananas, toujours en provenance d'Alcor. Nos estomacs étant déjà bien remplis, nous décidons de faire l'impasse sur ces deux mets, et nous enchaînons, pour les amateurs, sur un café italien que Sabrina et Fabio souhaitaient absolument nous faire déguster. Nous poussons le café, toujours pour les amateurs, et j'en fais partie, par une verveine. (Pas la tisane, celle du Velay).

Nous continuons nos bavardages jusque vers 1 heures 30 et Françoise qui tombe de sommeil, réclame son lit. Nous avons passé une magnifique soirée. Ce contact prolongé nous a permis de mieux connaître les membres des autres bateaux. Christian est très chaleureux, très cordial et s'ouvre facilement auprès des personnes qui lui semblent sympathiques. Françoise, plus réservée, est très agréable d'autant plus qu'elle adore plaisanter. Fabio, une force de la nature qui doit peser largement plus d'un quintal (il déclare qu'il ne monte jamais sur un pèse-personne), sous son aspect bulldozer, cache un être plein de bon sens et extrêmement généreux. Sabrina, son épouse, le complète parfaitement et, son visage étant toujours illuminé par un large sourire, elle est vraiment adorable. Pierre et Nicole forment un couple exemplaire. Ils sont très intelligents et, par conséquent, ne se prennent jamais au sérieux. Nicole adore l'humour, mais est parfois anxieuse, voire angoissée, durant la navigation. Pierre est un personnage qui sait être successivement rigoureux et décontracté. Je le considère comme étant surdoué et hyperactif. Il a une formation de cardiologue et a exercé cette profession durant sa vie active. Grâce à ses capacités exceptionnelles, il est capable de réussir tout ce qu'il entreprend. J'aimerais bien rester en contact avec l'ensemble de ces protagonistes. J'espère qu'ils deviendront des amis...


25 décembre 2003

La nuit a été relativement courte et très humide. Il fait très chaud, mais il pleut fréquemment car les grains se suivent à un rythme accéléré.
Après le petit-déjeuner, il faut remettre le bateau en état car il y a une grosse vaisselle à faire. C'est Michelle qui s'y colle... Pour ce qui me concerne, mon petit-déjeuner se compose d'un grand verre d'eau fraîche dans lequel j'ai fait dissoudre deux comprimés de Normogastril... Les lendemains de fêtes, même s'ils laissent d'excellents souvenirs, sont parfois difficiles ! Guy, qui a récupéré six noix de coco, lesquelles étaient tombées des cocotiers qui bordent la marina, entreprend de faire du lait de coco.


Guy à l'oeuvre


Guy entreprend de faire du lait de coco.



Il faut d'abord enlever la cosse qui enveloppe la noix, couper la noix, récupérer l'eau, râper le blanc de coco, le mettre dans un torchon, ajouter l'eau recueillie dans les noix, presser le tout... En résumé, quatre noix de coco et trois heures de travail donnent un litre de lait de coco. Nous le goûtons pur, c'est vraiment délicieux.
En fin d'après-midi, toute l'équipe qui était présente pour le réveillon se retrouve à bord de Fleur de Passion pour faire un sort à ce fameux Pannetone qui n'a pas été consommé la veille. Accompagné d'une coupe de champagne, cette pâtisserie passe bien. Et pendant que nous sommes lancés, nous continuons la dégustation avec les cadeaux de la veille : il y a du rhum, du sirop de canne, du citron vert. Nous avons aussi du jus d'ananas et du lait de coco. Alors, nous faisons du Ti'punch, du Piña Colada, du Planteur et nous goûtons, nous goûtons... Quand je vous disais qu'on ne s'ennuie pas sur un bateau.


26 décembre 2003

Aujourd'hui, nous louons une voiture pour aller chercher nos billets d'avion à Fort de France. Agréable balade, récupération facile des billets à l'agence de voyages. La date et l'horaire sont confirmés : Comme prévu, nous décollerons de Pointe à Pitre le 11 janvier à 17 heures 20, et nous arriverons à Saint Exupéry le 12 à 8 heures 20, via une escale à Nantes de 6 heures 00 à 7 heures 00. Éliane, que j'ai eue au téléphone, sera à Saint Exupéry pour nous ramener au bercail.
Nous déjeunons dans un restaurant très accueillant, au bord de l'océan. Le Mayflower situé 28, rue Ernest Deproge à Fort de France. Au menu, Ti'punch ou Planteur, Accras, boudin créole, colombo de poulet, (remplacé par moules frites pour Michelle !), dessert et café. Le tout servi dans une ambiance très sympathique.
Au sortir du restaurant, Michelle utilise son " Bon pour une paire de boucles d'oreilles " qu'elle a reçu en cadeau pour son anniversaire. Ensuite, Élisabeth et Guy font une halte chez un coiffeur pour se faire couper les cheveux. Pendant ce temps, Michelle et moi continuons notre balade à travers la ville et je m'achète une paire de chaussures pour remplacer mes Thalassa qui commencent à être bien usagées.
Nous nous retrouvons tous les quatre, reprenons la voiture et nous rentrons en passant par les Anses d'Arlet. En effet, nous quitterons la marina du Marin demain et nous viendrons mouiller à cet endroit. Depuis la route, la baie nous semble bien abritée et le paysage est enchanteur.
Nous continuons notre chemin en passant par le Diamant. Nous faisons une halte à l'hôtel dans lequel nous avons séjourné en 2001 et nous nous revigorons au bord de la piscine en prenant une boisson fraîche. Retour à la marina vers 19 heures après avoir rendu la voiture de location.


27 décembre 2003

Réveil vers 8 heures, petit-déjeuner copieux. Guy va faire les formalités pour quitter la marina, tandis que les trois autres membres de l'équipage se rendent au centre commercial d'Annette pour faire quelques courses. À 11 heures, nous sommes de retour à bord et nous appareillons pour les Anses d'Arlet. Après avoir passé le chenal au moteur pour quitter le Marin, nous envoyons le génois. Il y a peu de vent, mais nous avançons entre trois et quatre nœuds. Nous embouquons " la passe de fous " entre le rocher du Diamant et la côte. C'est superbe. Nous avons vraiment beaucoup de chance de pouvoir profiter de ce paysage.
À 14 heures, nous mouillons dans la Grande Anse d'Arlet. Nous avons la confirmation de ce que nous avons éprouvé la veille depuis la terre : La baie est très belle, bien abritée et l'eau limpide. Nous déjeunons (salade verte, le restant des " pastas al forno " de Sabrina, camembert, fruit). Une bonne sieste plus tard, nous nous retrouvons tous dans l'eau à 28°. La baignade se prolonge jusqu'à 17 heures 30. Ensuite, nous faisons notre toilette et il faut bientôt penser au dîner ; Élisabeth prépare un gigot d'agneau aux flageolets. Je sens que je vais passer une excellente soirée...



Étape suivante

Retour à la table des matières

Retour au Site Portail