La libre littérature française des Amériques



En traversant l'Atlantique


La Barbade




18 décembre 2003

Nous nous réveillons entre 8 heures 30 et 9 heures 00. Quelle nuit ! Il y a longtemps que nous n'avions pas dormi de la sorte. Nous avons pris un bon petit-déjeuner. Nous avons tous envie de détente, de farniente. L'eau du mouillage étant superbe, Élisabeth est déjà allée prendre un bain. Nous allons la suivre car, contrairement à ce que vous pourriez penser, et bien que nous ayons quitté le Cap Vert depuis dix-sept jours, nous ne sommes pas pressés d'aller à terre. Peut-être irons-nous dans l'après-midi ?
Vers 10 heures, Christian, de Fleur de Passion, qui a vu à son réveil que Perceval était parvenu à destination, vient nous saluer. Il nous communique tous les renseignements qu'il a accumulés depuis son arrivée. C'est très sympa, car cela nous évite une sorte de parcours du combattant pour tout ce qui concerne l'intendance. Comme il va à terre, il nous propose de nous rapporter un poulet rôti. Par ailleurs, Il nous apprend que ses équipiers, Alain et André, vont quitter son bord aujourd'hui même, car ils rentrent en France pour passer les fêtes de fin d'année avec leurs épouses.
Le poulet, que Christian nous a rapporté, subit son triste sort au cours du déjeuner. Après la sieste, nous prenons l'annexe pour aller à terre. Au passage près de Fleur de Passion, nous nous arrêtons pour souhaiter un bon voyage de retour à André et Alain. Ensuite, nous débarquons pour un premier contact avec Bridgetown.
Le contraste avec le Cap Vert est immense ! Ici, tout fonctionne à l'américaine ; tout est basé sur le business et ça sent le fric à plein nez. Revers de la médaille : tout est très cher, mais il ne manque rien. Souvenez-vous : les formalités d'entrée sur le territoire du Cap Vert nous ont coûté moins de 1 €. Ici, nous avons payé 25 US$ pour les mêmes démarches !
Nous changeons de l'argent et nous trouvons un cybercafé. Ceux qui pratiquent Internet auront de nos nouvelles... Premier contact bref avec Bridgetown et retour à bord vers 18h, car il faut préparer le repas. Nous avons invité Françoise et Christian à dîner pour les consoler de la perte de leurs équipiers. Vers 19h30, ils arrivent à notre bord.
Apéritif au champagne, sympathique repas avec beaucoup d'échanges sur ce que nous avons ressenti durant nos traversées réciproques. Après avoir vécu en autarcie pendant dix-sept jours, nous apprécions beaucoup de communiquer de vive voix avec d'autres personnes. Vers minuit, nos couchettes nous invitent.


19 décembre 2003

Journée tranquille. Petite sortie dans Bridgetown Centre. Très (trop ?) commerçant, des moles, des banques, des moles et des banques. C'est spécialement décoré pour les fêtes de fin d'année et très illuminé la nuit. Commerce à l'américaine : fausses remises, faux rabais, faux discount. Mais cela fonctionne très bien et tout le monde est content. En fin d'après-midi, nous allons louer un monospace de huit places. Demain, nous visiterons l'île en compagnie de Françoise et Christian.


20 décembre 2003

Comme prévu, nous nous retrouvons tous les six au ponton des annexes vers 8 heures. Nous embarquons à bord de notre monospace. C'est moi qui conduis, et il n'y a qu'un seul conducteur déclaré car il faut payer 10 $ barbadiens par chauffeur supplémentaire ! (1$BB=0,5 US$). Non seulement c'est une boite automatique, et je n'aime pas ça, mais, de plus, il faut rouler à gauche. Au début, il faut faire très attention, mais après une dizaine de kilomètres, cela devient instinctif et ne pose pas de problème. L'île est très verte et ne manque pas d'eau. Ici c'est un vrai climat tropical, par conséquent les ondées sont fréquentes et c'est humide. La principale culture est la canne à sucre. Nous nous arrêtons pour visiter le Jardin des Orchidées. Outre une multitude de variétés d'orchidées, on y trouve également un grand nombre de plantes tropicales. Les orchidées sont magnifiques ; la plupart poussent dans rien, c'est-à-dire qu'elles sont simplement suspendues et leurs racines pendent dans le vide, se nourrissant uniquement de l'humidité de l'air ! C'est réellement très curieux.
À part cela, il y a d'autres jardins et parcs sans grand intérêt. Il y a aussi une réserve animalière, mais le safari de Peaugres est, de loin, beaucoup plus intéressant. L'île ne laisse pas un souvenir inoubliable, mais on ne peut pas, décemment, venir à la Barbade sans en faire le tour.
En fin de journée, nous allons au port commercial pour faire la sortie du territoire. En effet, nous allons quitter Bridgetown demain pour nous rendre à Port Saint Charles. C'est toujours à la Barbade, mais au nord de l'île ; et c'est de là que nous partirons pour rejoindre la Martinique. Nous passons plus de deux heures à attendre les différents responsables des services santé, immigration et capitainerie afin d'avoir les documents nécessaires ! De même qu'au Cap Vert, les autorités portuaires sont très décontractées dans ce pays. Mais aujourd'hui, c'est le trentième anniversaire de leur indépendance, alors ceci explique peut-être cela...


Orchidées


Elles sont simplement suspendues et leurs racines pendent dans le vide.



21 décembre 2003

Nous quittons Bridgetown vers 10 heures 30. Direction Port Saint Charles, au nord-ouest de la Barbade. Petite navigation d'une heure et demie, en longeant la côte ouest. Nous stoppons à la marina de Port Saint Charles pour faire les pleins d'eau et de gazole. Nous remplissons également le bidon d'essence pour l'annexe. Baignade autour du bateau, déjeuner dans le cockpit, ensuite sieste jusqu'à 17 heures. Nous levons le mouillage et nous partons pour la Martinique, où nous pensons arriver demain entre 8 heures et midi. Ce sera probablement la dernière fois que j'aurai un quart à prendre...



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