La libre littérature française des Amériques



En traversant l'Atlantique


Les Canaries




29 octobre 2003

Aujourd'hui, balade dans le sud de Lanzarote. Nous partons vers 10 heures pour visiter le parc de Timanfaya. Ce lieu est une concentration des vestiges de l'éruption volcanique qui a commencé en septembre 1730 et s'est terminée le 16 avril 1736 ! Près de six ans de durée, c'est un phénomène rarissime en vulcanologie. Ce site est immense et la visite, commentée en espagnol, anglais et allemand, mais pas en français, est effectuée en autocar.

Témoin oculaire de la catastrophe, Don Andrès Lorenzo Curbelo relate les évènements dans un manuscrit : " Le premier septembre 1730 entre neuf heures et dix heures du soir, la terre s'ouvrit soudain près de Timanfaya. Durant la première nuit, une énorme montagne s'est élevée du sein de la terre. De sa cime s'échappèrent des flammes qui continuèrent alors, avec quelques intervalles de repos, pendant plus de cinq ans et demi ".
Près de trois siècles après la fin de cette catastrophe, c'est un paysage lunaire, au sens propre du terme, qui se présente à nous. D'ailleurs, toute la partie sud de l'île présente cet aspect. Une immense coulée de lave, qui occupe la majorité du parc de Timanfaya, s'étend jusqu'à la mer. Dans cette mer de lave, de nombreux volcans côtoient de larges et profondes crevasses dues aux effondrements de tunnels volcaniques, lesquels s'étaient formés à l'intérieur même de la coulée. Le spectacle le plus saisissant de cette hallucinante excursion est la halte à l'Islote de Hilario. À cet endroit, une importante énergie géothermique se manifeste : à une dizaine de mètres de profondeur, la température dépasse 600°C. Un fagot de brindilles, présenté au bout d'une perche à l'orifice de l'une des cheminées naturelles, desquelles s'échappe un air surchauffé, s'enflamme spontanément !


Parc de Timanfaya


C'est un paysage lunaire, au sens propre du terme.



Après cette promenade très intéressante, nous sommes allés déjeuner dans un agréable restaurant situé au bord de l'atlantique, à El Golfo. Ensuite, nous avons continué notre circuit en visitant Playa Blanca, Femes, et Puerto del Carmen qui est la zone touristique de Lanzarote.
De retour à la marina vers 17 heures 30, nous allons saluer Françoise et Christian à bord de Fleur de Passion.
Ensuite, nous rejoignons Perceval et, après un léger dîner, nous passons une nuit très tranquille et nous dormons comme des bébés...


30 octobre 2003

Direction le nord de l'île. Le paysage est différent du sud. Bien que tout l'archipel des Canaries soit d'origine volcanique, l'éruption du 18ème siècle a considérablement moins affecté cette partie de Lanzarote. Il y a beaucoup plus de cultures, et la lave n'est plus apparente car déjà bien recouverte par la végétation. Déjeuner à Haria. Retour à bord avant 18 heures pour les vacations radio. Mais Guy s'est trompé d'horaire car il a gardé l'horaire de France (heure d'été), alors qu'il aurait fallut utiliser l'heure T.U.


31 octobre 2003

Journée calme, à bord. Les femmes partent faire quelques courses à Arreciffe. Pendant ce temps, nous en profitons pour accomplir quelques travaux à bord. Remplacement d'un sabot arrière bâbord, vérification des niveaux afin d'être paré pour le prochain départ ; et d'autres petites bricoles par-ci, par-là. Le soir, dîner à Playa Quemada au restaurant qui porte le même nom que la plage. Très coquet, sympa et cuisine extrêmement agréable.
Dans la nuit, j'ai eu une très violente douleur à la cuisse gauche. Je pense que je me suis endormi dans une mauvaise position et que cela a carrément arrêté la circulation du sang dans cette jambe.


1 novembre 2003

Après avoir pris connaissance de la météo, le capitaine décide que nous partirons lundi 3 novembre. Nous irons directement à La Gomera, car il n'y a pas de place à la marina de Ténériffe. Ce sera la première véritable navigation puisque le trajet durera environ trente heures.
Quartier libre et chacun vaque à ses occupations personnelles. La voiture est rendue et nous n'avons plus la possibilité de nous éloigner du port.


2 novembre 2003

Dernier jour à Lanzarote, on range et on cale tout pour la navigation du lendemain.


3 et 4 novembre 2003

Le grand jour est arrivé pour notre première véritable navigation en Atlantique. Nous nous levons à 6h afin d'avoir le temps de prendre une douche à la marina, le départ étant prévu au plus tard à 8 heures...


Itinéraire


De Puerto Calero à San Sébastian de la Goméra



À 7 heures 20, nous sommes prêts et nous larguons les amarres. Sortie du port sans aucun problème, Élisabeth est à la barre. Nous naviguons au moteur car il n'y a pas de vent. Par contre, une houle assez forte, reliquat d'un fort coup de vent dans l'atlantique nord, nous fait rouler car nous la prenons sur notre tribord, puisque nous faisons route à l'Ouest. Malgré cela, tout va bien, tout le monde est en pleine forme, et Michelle est particulièrement guillerette. Vers 13 heures, nous mangeons une bonne assiette de pâtes dans le cockpit car, à cause du roulis, ce serait difficile de faire de la cuisine plus élaborée. Dans le courant de l'après-midi, Michelle devient moins bavarde, car le mal de mer commence à la gagner. Sa forme diminue à vue d'œil tandis que le soleil se couche, mais elle ne vomit pas. Tout cela n'est pas très grave, mais c'est quand même pénible pour elle. Nous dînons agréablement dans le carré, Michelle se contentant d'une pomme de terre cuite à l'eau. Guy n'est pas en forme non plus, car il tousse beaucoup et présente les symptômes d'un bon rhume. Néanmoins, il prend le premier quart de 21 heures à 0 heure 30. Élisabeth veille de 0 heures 30 à 3 heures 40 et ensuite c'est mon tour jusqu'à 7 heures 00.
C'est la première fois que je navigue réellement en atlantique, de nuit, et maître à bord, tant qu'il ne se passe rien de grave. C'est la première fois que je suis à la barre d'un voilier et, si quelque chose d'important se produisait, je devrais réveiller le Capitaine car je ne saurais pas vraiment quelle décision prendre...

Tout se passe bien et prendre la veille sur un bateau me semble très agréable. La visibilité est excellente et le ciel est très étoilé. Michelle s'est allongée dans le cockpit dès le début de mon quart. Elle est toujours perturbée, cependant elle s'endort rapidement. Moi, je profite du paysage : à bâbord, j'aperçois les lumières de la Gran Canaria, et à tribord, plus près de Perceval, à environ cinq milles, les lumières de Ténériffe, île que nous longerons jusqu'au matin. C'est magnifique. Au loin, à l'avant, je vois des lumières en pleine mer. Je vais jeter un coup d'œil sur le radar. Là, je perçois l'écho d'un cargo à environ huit milles. Michelle se réveille et décide d'aller se coucher dans notre cabine.
Plus tard je croise un paquebot tout illuminé. Je distingue parfaitement deux étages de coursives abondamment éclairées, ainsi que les hublots sur la coque. La Gran Canaria a complètement disparue, et l'horizon bâbord est tout noir. Nous routons au 235, en direction du SW. À 6 heures, je relève le point sur le GPS, et je le porte sur la carte. Nous sommes à la hauteur du feu à éclat de la Punta Abona de Ténériffe. Quand je remonte dans le cockpit, une très faible lueur se détache sur l'horizon Est. Il s'agit de la toute première apparition de la lumière solaire pour la journée du 4 novembre. Je n'ai jamais vu cela auparavant, car il faut se trouver dans un lieu absolument sans lumière pour pouvoir apercevoir les premiers rayons du soleil dans la très haute atmosphère. Pendant quelques secondes, le jour et la nuit cohabitent... Je ressens une très forte émotion qui me rappelle celle que j'ai éprouvée lorsque j'ai vu ma première éclipse totale de soleil, dans la zone de totalité, le 11 août 1999. Je me souviendrai longtemps de mon premier quart à bord de Perceval !

Vers 6 heures 40, Guy est de nouveau sur pieds et vient me relever. Il fait presque jour et à 7 heures, je vais m'allonger dans notre cabine jusqu'à 8 heures. Ensuite, je me relève et, Guy et moi préparons le petit-déjeuner. À 8 heures 15, nous petit-déjeunons tous les quatre. Cinq ou six heures encore, et nous arriverons à San Sébastian de la Goméra.
À 13 heures 20, nous entrons dans le port. Contact VHF, la capitainerie nous déclare qu'il n'y a plus de place... Mais comme nous avons réservé par téléphone avant de partir de Lanzarote, nous entrons quand même. Accostage à couple d'Aldébaran, un Super Maramu qui appartient à Jean-Marie et Monique. (Déjà connus de Guy et Élisabeth). Guy quitte le bord et part dans la Marina à la recherche de places libres. Il en trouve rapidement et nous nous installons !
Deux heures plus tard, Christian et Françoise, à bord de Fleur de Passion, arrivent à leur tour. Ils ont quitté Lanzarote trente minutes après nous. Nous leur indiquons une autre place vide et ils s'installent également ! Ensuite, nous allons à la Capitainerie pour effectuer les formalités d'entrée. Les capitaines respectifs indiquent les emplacements qu'ils ont investis. Tout se passe bien et les places investies deviennent définitivement les nôtres... jusqu'à notre futur départ pour les îles du Cap Vert.


La marina de San Sébastien de la Goméra


La marina de San Sébastian de la Goméra.



5 novembre 2003

Journée calme. Nous prenons du repos à bord, car la nuit précédente tout l'équipage a peu dormi. En effet, il faut un certain temps de navigation pour que l'organisme s'habitue aux quarts de nuit. Et comme nous n'avions qu'une seule nuit de navigation, nos organismes n'ont pas eu le temps de se régler.
En fin de journée, apéritif à bord de Perceval. Élisabeth et Guy reçoivent Jean-Marie et Monique (Aldébaran), Christian et Françoise (Fleur de Passion). Le contact entre eux et nous s'établit immédiatement et, après dix minutes, nous avons l'impression de les connaître depuis des années. Le rapprochement entre gens de mer est totalement différent de ce qui se passe entre terriens. Nous redoutions un peu la manière dont nous allions pouvoir nous intégrer à ces inconnus, cela se fait tout seul, sans aucun effort et sans même nous en rendre compte... C'est vraiment super et très agréable. Belle soirée.


6 novembre 2003

Réveil vers 8 heures, Petit-déjeuner tranquille jusqu'à ce que nous entendions des glouglous. Serions-nous en train de couler ? Pas tout à fait, mais cela pourrait venir. En effet, Michelle a mal manipulé le wc marin et, par siphonage, le sens d'écoulement des wc s'est inversé. C'est la mer qui envahi le bateau ! Cela prendra beaucoup de temps, mais si on ne fait rien, seuls les mats apparaîtront à la surface de l'eau dans quelques jours. Bon, ce n'est pas grave, je re-explique à Michelle le mode d'emploi, et tout rentre dans l'ordre. Si, d'aventure, vous êtes un jour sur un bateau de plaisance, et que vous utilisiez le wc marin, soyez très attentif à son maniement. Pensez également que c'est seulement un wc, et non un vide-ordures ! Après cela, Guy et moi nous rendons à bord d'Aldébaran car Jean-Marie, hier à l'apéritif, nous a fait part d'un problème pour lequel il ne sait plus quoi faire : son wc (et oui, encore un embarras de wc !) de cabine avant ne fonctionne plus, ainsi que le système de lavage de l'ancre qui se contente de pisseroter comme quelqu'un qui aurait simultanément une grosse prostate et des calculs rénaux présents dans le canal. (De l'urètre). Guy et moi pensons être en mesure de faire avancer le shmilblic, et c'est la raison pour laquelle nous arpentons, de bon matin, les pontons de la marina.

Guy opte pour le plongeon sous Aldébaran afin de vérifier si un sac plastique n'obstruerait pas la prise d'eau de mer. Mais avant de tenter le plongeon, je propose de voir par l'intérieur si une tuyauterie d'aspiration ne serait pas bouchée. En effet, une vanne permet d'isoler le passe coque. Il suffit donc de la fermer et nous pourrons débrancher les tuyaux en aval : celui qui va au wc et celui qui va à la pompe de lavage de l'ancre. Dès que le premier tuyau est débranché, nous comprenons immédiatement pourquoi il a la prostate et des calculs : La sortie de vanne, ainsi que le tuyau souple, sur plus d'un mètre, sont totalement engorgés par des dizaines de petits coquillages qui se sont installés là au cours du temps. Cela forme un bouchon friable que nous réussissons à casser en pressant le tuyau souple et en passant un tournevis dans la sortie de vanne. Ne répétons l'opération pour le tuyau de lavage de l'ancre, nous rinçons abondamment les tuyauteries à l'eau du quai, nous rebranchons et tout fonctionne.

Jean-Marie et Monique sont très contents de notre intervention et décident, sine die, qu'il y aura apéritif à bord d'Aldébaran à midi. Direction la douche, et à 12 heures 30, Élisabeth, Françoise, Michelle, Christian, Guy et moi nous retrouvons chez Monique et Jean-Marie. Encore un moment très convivial. Néanmoins, vers 14 heures nous pensons qu'il faut mettre un terme à cette petite fête parce que, en fin d'après-midi, André va arriver. De plus, il faut aller louer deux voitures car, nous avons décidé que nous partirions demain à la découverte de l'île. En conséquence, pas de temps à perdre.

André : habite Bordeaux, possède un bateau actuellement en Corse, veut effectuer une traversée de l'atlantique mais sa femme ne veut pas. Aussi, a-t-il décidé de se joindre à Christian et Françoise et, à bord de Fleur de Passion, il va effectuer sa première traversée transatlantique. Il a 78 ans. Marin chevronné et pince sans rire, il sera sûrement un équipier qui n'engendrera pas la mélancolie. Bref, grâce ou à cause d'André, ce soir, Élisabeth, Monique, Michelle, Jean-Marie, Guy, André et moi, nous retrouverons chez Françoise et Christian pour l'apéritif d'accueil en l'honneur d'André.
À partir de 19 heures, tout ce petit monde passe encore une très agréable soirée. En tous cas, pour ce qui nous concerne, nous ne nous ennuyons pas. Nous avons même l'impression que nous manquons de temps pour effectuer tout ce que nous voudrions faire... Nous regagnons notre bord vers 22 heures après avoir souhaité une bonne navigation à Monique et Jean-Marie qui ont décidé de prendre le large demain dans la journée. Ils partent directement aux Antilles, sans passer par le Cap Vert.


7 novembre 2003

Nous sommes maintenant un groupe solidaire de sept personnes à bord de deux bateaux. Perceval et Fleur de Passion. Ces deux bateaux naviguent ensembles depuis Lanzarote et continueront leur route ensembles jusqu'aux Antilles, via le Cap Vert.
Vers 9 heures, tout le monde est prêt et nous rejoignons les voitures. Guy et Christian conduisent. La Goméra est une petite, mais très belle île des Canaries. Elle est presque ronde et a la forme d'un immense volcan. Son sommet culmine vers environ 800 mètres. Au départ, le temps est un peu moins beau que les jours précédents, mais ce n'est rien à coté de ce qui nous attend !
Nous partons en direction d'Hermigua, et après une dizaine de kilomètres, un petit crachin commence à tomber. Nous montons encore et en plus du crachin, un épais brouillard nous empêche d'admirer le paysage. Dommage car certains endroits sont impressionnants. Nous passons par Agulo, Vallehermoso, Arure et nous stoppons à Valle Gran Rey. Là, le ciel s'est désengorgé et nous en profitons pour marcher un peu. En joignant l'agréable à l'utile, nous découvrons un petit restaurant typiquement canarien, pas du tout destiné aux touristes. L'arrivée d'un groupe de sept convives perturbe un peu Lola (c'est le nom du restaurant), Mais nous ne regrettons pas le dérangement car nous passons un très agréable moment à table. Belle, bonne et copieuse cuisine typiquement canarienne, pour un prix modique (11€ par personne avec la boisson). Pour le retour à la Marina, je conduis. Comme il y a un rayon de soleil, je m'arrête pour donner un petit coup de caméra. Nous aurons quand même quelques images de la Goméra à montrer.
Dès notre arrivée à bord, Élisabeth prépare de nouveau l'apéritif car, ce soir, nous recevons Edith et Béat de Sérénade ! Bien sûr, il y aura également Françoise, Christian et André. Pendant ce temps, Guy et moi allons rendre la voiture de location. Christian fait de même.


8 novembre 2003

Le beau temps est revenu. En fait, le plus mauvais jour est celui pendant lequel nous avons fait notre excursion sur l'île. Dommage... Nous partons tous les quatre au marché pour faire du frais. (Fruits et légumes). Nous pensons partir mardi 11 pour le Cap Vert. Nous aurons cinq ou six jours de navigation, donc il faut prévoir les vivres en conséquence. De plus, il y a des qualités que nous ne pourrons peut-être pas nous procurer au Cap Vert. Il faut donc que nous nous approvisionnions largement pour les fruits et légumes qui se conservent facilement : pommes, pommes de terre, oignons, oranges, tomates. La quantité totale est impressionnante, mais Élisabeth a l'habitude de ce genre de ravitaillement. Nous ne mourrons pas de faim !
Après le rangement des vivres à bord, le reste de la journée est tranquille. Pas d'apéritif. Cela repose nos vieux organismes...


9 novembre 2003


Après le petit-déjeuner, j'entreprends le nettoyage du pont de Perceval. Je voulais le faire seul, mais le Capitaine insiste pour m'aider. Heureusement qu'il a eu l'idée de me proposer sa coopération car, malgré son aide, nous finissons seulement à 12 heures 30. Ce n'est pas la même surface que Raminou !
Il fait beau et après le déjeuner nous décidons d'aller faire une petite balade sur le rocher qui borde la marina. En fait, ce rocher est une falaise qui domine le port. Sur cette falaise un Parador et son superbe parc surplombent la baie. Pour atteindre le sommet de ce rocher qui se trouve immédiatement en bordure de notre marina, nous sommes obligés de marcher pendant plusieurs kilomètres ! Cela nous offre l'opportunité de visiter la ville. De plus, la pente est raide et il fait chaud... Guy est un peu à la traîne mais, ne voulant pas se laisser distancer, il hèle un véhicule qui passe. La voiture s'arrête, le charge et il nous double en nous regardant avec un petit air malicieux. La berline le conduit jusqu'à l'entrée du Parador. Nous arrivons dix minutes plus tard, essoufflés.
Nous entrons dans ce Parador et nous en profitons pour faire le tour de son parc. De là, nous avons une vue magnifique sur la marina, mais également sur la ville de San Sébatian de la Goméra.


Le Parador


De là, nous avons une vue magnifique



Nous voyons aussi Ténériffe, l'île voisine. Au loin, nous apercevons un voilier qui arrive. Il se pourrait bien que ce soit Alcor, qui nous a signalé, lors d'une récente vacation radio, qu'il se dirigeait vers la Goméra. Il est beaucoup trop loin pour que nous puissions l'identifier, mais il est probable que, s'il s'agit réellement d'Alcor, il fera son entrée dans la marina en fin de journée. Nous allons donc faire le nécessaire pour lui trouver un emplacement afin qu'il puisse s'installer sans problème, d'autant plus qu'il n'y a pratiquement plus de place et que, lorsqu'il arrivera, il fera déjà grand nuit. Nous terminons tranquillement notre promenade et nous regagnons notre bord.
Effectivement, vers 19 heures, un bateau arrive au port et ce sont bien Pierre et Nicole à bord d'Alcor. Bien sûr, ils sont déjà connus de Guy et Élisabeth. Quand on pense que la plupart des habitants d'un même immeuble ne se connaissent pas... Et là, à plus de 3 000 kilomètres de leur domicile, Élisabeth et Guy connaissent quatre bateaux dans ce port ! Nicole et Pierre sont accompagnés par un couple d'Italiens : Sabrina et Fabio. Et alors, que va-t-il se passer ? Et bien, nous allons prendre l'apéritif à bord de Perceval pour accueillir les nouveaux arrivants ! Ensuite dîner, dodo, à demain.... zzz


10 novembre 2003

Après le petit-déjeuner, le Capitaine décide de faire le plein de gazole afin d'être paré pour le départ prévu pour demain. Il faut donc exécuter une double manœuvre complète de départ et d'arrivée à un quai. Cela nous initie aux manipulations des différentes amarres qu'il faut, soit larguer, soit établir. En effet, nous devons d'abord quitter notre place dans la marina, ensuite nous rendre au quai technique où se trouve la pompe de gazole, nous amarrer de nouveau. Cela se passe sans problème, et nous mettons 215 litres de carburant dans le réservoir de Perceval. Après cela, nous renouvelons les mêmes gestes sur les différents filins pour réinstaller Perceval à sa place. Ces agissements ayant permis au moteur de chauffer un peu, nous effectuons la vidange de l'huile.
À la suite de ce début de matinée besogneux, j'ai juste le temps d'aller aux sanitaires de la marina pour faire ma toilette et, à mon retour, c'est l'heure de déjeuner.
En début d'après-midi, je me rends dans un cybercafé pour e-mailer ma prose. Je ne suis pas sûr que cela ait marché ; je verrai si j'ai des réactions...
En fin de journée, Alain, le quatrième équipier de Fleur de passion arrive. Comme il se doit dans pareil cas, une soirée apéritive est organisée à bord de Fleur de Passion afin que nous puissions faire sa connaissance...C'est ainsi que le groupe passe à douze membres, quatre pour Alcor, quatre pour Fleur de Passion et quatre pour Perceval. Nous naviguerons ensembles, quelquefois à un ou deux jours d'écart, pour aller aux Antilles en passant par le Cap Vert.


Alain, le quatrième équipier


Alain, le quatrième équipier de Fleur de passion arrive




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